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Même si le fait de se faire justice soit même n'est pas un acte que je cautionne, la loi du Talion est un truc hautement cinématographique. Le "vigilante" movie (film d'auto-défense) comporte en son sein des perles comme Un justicier dans la ville 1 (Death Wish 1) dans le genre sérieux ou Death Sentence dans le genre cartoonesque. Les films d'auto-défense sont légions, mais rarement réussis. La plupart de ces métrages sont de gros nanars qu'il est plaisant de regarder avec des potes pour se marrer. Harry Brown s'inscrit à merveille dans le genre "vigilante" mais il est selon moi complètement raté.

 

Harry Brown est un retraité de la marine anglaise. Il vit seul dans une triste banlieue et passe ses journées à jouer aux échecs avec son pote Len. La cité dortoir est envahie de jeunes drogués qui font rien qu'à faire des conneries. Ils sont hyper violents et n'hésitent pas à faire leur traffic sous les yeux de tous les habitants. Un soir, le copain de Harry se fait trucider dans un tunnel. Harry, qui vient déjà de perdre sa femme, se retrouve alors seul au monde. Avec la disparition de son ami, il ne saura plus quoi faire de ses journées et décide de reprendre les armes pour exploser la tronche de tous ces petits cons. Harry Brown ne sera plus le petit pépé sympathique que tout le monde connaît.

 

D'entrée de jeu, on comprend immédiatement ce qu'essaie de faire le réalisateur. Sans doute très heureux d'avoir Michael Caine dans son film, il tente de jouer avec l'image de l'acteur qui s'est fait connaître dans le film Get Carter (La loi du milieu) en 1971. Caine vengeait déjà la mort d'un proche dans ce film. Mais la comparaison s'arrête là. Get Carter avait du style ce qui fait cruellement défaut à Harry Brown.

 

De plus, le film a le cul entre deux chaises. Daniel Barber inscrit son film dans un contexte réaliste. L'atmosphère de violence qui règne dans cette banlieue est très bien retranscrite en partie grâce aux jeunes acteurs. Ils sont assez terrifiants. Le problème, c'est que le regard du réalisateur sur ces voyous est totalement manichéen. Selon lui, ces jeunes sont violents par nature et ne méritent aucune pitié. Ce qui est bizarre, c'est que Barber filme la banlieue avec justesse comme l'un des réalisateurs phare des problèmes sociaux anglais qui est Ken Loach. Dans les films de Ken Loach, le regard sur la violence en banlieue est toujours accompagné d'un fond sociologique. Barber s'inspire de son style mais se carre le fond sociologique où je pense. C'est ce manque de fond qui donne un goût amer à Harry Brown. Malgré la classe de Michael Caine, ce film reste un vigilante bas du front digne des années 80. Harry Brown avec un background sociologique aurait eu selon moi beaucoup plus d'impact. C'est ce qui faisait la force d'un film comme Eden Lake où l'on retrouve d'ailleurs un des jeunes acteurs dans Harry Brown.

 

Là où un film comme Death Sentence est pertinent, c'est qu'après avoir massacré la plupart des badguys, le héros se rend compte que son geste n'a en fait servi à rien. Ce déluge de violence ne réussira pas à lui faire accepter la mort de sa femme. Il croupira le reste de sa vie en taule. Harry Brown quant à lui ne regrette rien et ne sera même pas embêté par Scotland Yard. Le réalisateur semble nous dire que le pépé a eu raison de trucider à la moyennâgeuse des gamins de 18 ans.

 

Harry Brown ne contient aucun moment de suspense et aligne les meurtres comme un reportage sur les abattoirs de Rungis. Le fait même d'avoir choisi un cadre réaliste pour le film décridibilise chaque situation. Harry Brown est un film bizarre, même pas drôle, et carrément bête. Le vigilante vient de pondre un nouveau navet.

 

 

 


 

Bande annonce de Get Carter

 


 

Voilà un sketch de Michel Muller qui résume bien l'état d'esprit de Harry Brown (j'éxagère, mais bon...)

 


 
Tag(s) : #RESTO-BASKET (navets-nanars-films ratés)

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