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Ce n'est pas avec une grande passion cinéphilique que je me suis rendu à la projection de Je suis une légende, le nouveau méfait de Francis Lawrence. En effet, le dernier film en date de l'ancien clippeur de Justin Timberlake, Constantine, m'avait déjà laissé un goût amer dans la bouche. Constantine était également un blockbuster qui trahissait allègrement le comic américain Hellblazer dont le film était censé être une adaptation fidèle. Je me rappelle avoir été très enthousiaste à l'idée de rencontrer l'un de mes héros favori transposé sur grand écran. La trahison fut totale bien evidemment et qui plus est, je n'avais jamais assisté à une publicité anti-tabac d' une heure et demi. Francis Lawrence continue sur sa lancée en essayant plus que maladroitement d'adapter à nouveau un chef d'oeuvre (de la littérature de science-fiction cette fois ci), l'ouvrage de Richard Matheson, Je suis une légende, qui donne son titre au film. Will Smith est le héros principal du film, il est de tous les plans. Il est intéressant de noter que l'acteur le plus mégalomane de l'histoire du 7ème art participe à un film intitulé Je suis une légende, sûrement le rêve le plus cher auquel il tente d'accéder. Ceci étant dit, parlons désormais du film.

 

Affirmons le d'emblée : ce n'est pas avec cette nouvelle adaptation que les fans du livre du Richard Matheson vont avoir droit à une adaptation fidèle. La dernière, qui datait de 1971 avec Charlton Heston était déjà une catastrophe. Par ses choix thématiques, projetés à la figure du spectateur dans les dix dernières minutes, Je suis une légende le film vient contredire toute la philosophie du livre qui participait à la puissance évocatrice de l'oeuvre. En clair, ici, le spectateur se voit asséner un message que le président Bush n'aurait pas renié : « La science ne fait pas tout, mais notre dieu oui. » De quoi faire bondir une nouvelle fois le spectateur français qui n'a de cesse d'ingurgiter des messages douteux depuis quelques années, par le biais de blockbusters américains peu avares en philosophie évangéliste.

 

L'exposition du film fait pourtant preuve de rigueur mais le climat intimiste de la vie solitaire du dernier homme sur Terre n'est jamais vraiment restitué comme pouvait l'être celle du héros, Neville, dans le livre. La mise en scène est souvent clinquante et ne capte que très rarement les sentiments qui habitent un Will Smith particulièrement mauvais dans son jeu d'acteur. Un jeu composé essentiellement de grimaces censées nous montrer qu'il se sent seul, ou que quelque chose d'inhabituel ne va pas tarder à arriver. La première rencontre avec les personnes infectées, qui se sont métamorphosées en une espèce de zombie, n'est pas exempt de défauts ; le cadrage n'est pas assez étouffant pour que l'on ressente la peur inhérente à ce genre de situation, la caméra de Lawrence instaure une distance malvenue entre le héros et le spectateur, ce qui a comme finalité de couper court à toute identification, donc, de toutes émotions.

 

Dans une construction qui se veut crescendo mais qui oublie que le spectateur a peut être décroché depuis une demi heure, le réalisateur et ses scénaristes intègrent au film un face à face entre Neville et le leader des infectés, sans doute le moment le plus « passionnant » du film. Les thèmes abordés dans cet entretien rappellent la question de normalité qui est au centre du livre : « La norme est elle liée au nombre d'individus dotés des mêmes caractéristiques? »

 

Mais voilà, la structure du film déjà peu solide s'écroule totalement avec l'arrivée de la thématique théologique mentionnée plus haut. Evènement d'autant plus bancal que Neville clame haut et fort dans le film sa haine et d'un dieu qui a laissé toute l'humanité sombrer dans le chaos. Ce retournement de veste est à l'image des deux films de Lawrence qui semble s'être fait une spécialité dans l'incapacité de traiter des oeuvres qui le dépasse. Ceci est d'autant plus dommage par le fait que ses choix (Hellblazer/Matheson) étaient des plus judicieux pour une transposition cinématographique.

 

 

Tag(s) : #RESTO-BASKET (navets-nanars-films ratés)

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