Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Lebanon-31485.jpg

 

bareme 4,5

 

 

 

"Je venais d'avoir 19 ans...La vie était belle, j'étais amoureux...Ensuite, on m'a demandé en juin 1982 d'être le tireur du premier char à entrer au Liban." 

 

Samuel Maoz, le réalisateur de Lebanon, part de sa propre expérience pour nous livrer un des meilleurs films de guerre de ces dix dernières années. Un film unique quand à son dispositif : Le spectateur est enfermé pendant 1h30 à l'intérieur d'un tank. Tout comme les quatre soldats, nous sommes prisonnier du blindé, nous ne pouvons anticiper les évènements extérieurs, et nous ressentons l'enfer de la guerre jusque dans les moindres frémissements de la carlingue. Une gageure technique réussit haut la main par le cinéaste. Stupéfiant de maîtrise, Maoz nous offre l'expérience de la guerre tel que lui l'a vécue. A savoir une expérience traumatique...

 

 

lebanon-film-gamil-above.jpg

 

 

Parlons du tank, ce lieu étouffant qui suinte la peur, ce monstre de turbines où règne le chaos. Le cinéaste donne vie à un lieu immonde où rien ne semble avoir de logique. Le commandant de bord n'a aucune autorité, le tireur-viseur vit la pire expérience de sa jeune vie, le pilote ne fait que penser à ses parents et le quatrième soldat donnerait tout pour être chez lui, en Israël. Les recoins métalliques de la bête motorisée sentent la mort. Le cinéaste s'attarde souvent sur quelques gros plans nauséeux : du sang dégoulinant le long des parois, de l'eau croupie sur le sol et de l'huile de moteur qui envahit tout l'habitacle.Tout ceci contamine peu à peu les esprits des quatre jeunes recrues.

 

Se retrouver parachuter dans ce lieu du jour au lendemain, pénétrer de plein fouet dans un conflit sanglant quand on a tout juste 20 ans, voilà ce que Samuel Maoz réussit à faire ressentir au spectateur. Les scènes de combat sont tétanisantes. Ne sachant pas d'où viennent les tirs lorqu'ils atteignent le tank, le spectateur vit exactement la même chose que les soldats. Un procédé plus qu'efficace qui nous place immédiatement au coeur du sujet. Les séquences d'attaques de Lebanon sont les plus immersives qu'il m'ai été donné de contempler ces dernières temps au cinéma. C'est un peu comme si Maoz avait capté l'efficacité d'un Paul Greengrass (Green Zone, La Vengeance dans La Peau) en la confinant dans un espace de 3 mètres carré, les tremblements de caméra en moins. Scotchant!

 

Lebanon est un classique instantané. Un an après le non moins fabuleux Valse Avec Baschir, le cinéma Israëlien balancait une nouvelle bombe dans le paysage cinématographique.

 

 

 


 

 

 

 

Tag(s) : #A LA CARTE (meilleurs films au choix)

Partager cet article

Repost 0